J'ai du passer pour une ingrate, j'ai du passer pour une petite fille pourrie gâtée qui veut un jour quelque chose et le lendemain n'en veut plus (ça n'en ai pas là mais bon il y a un peu de vrai, surtout pour les vêtements..passons...), les gens ont du se délecter de pouvoir dire des choses dans mon dos....
Ce n'est pas grave, je les ai bien rempli hier ou avant-hier...
J'en avais eu l'idée... après tout plus vraiment d'exams, un week-end de 3 jours qui pointait le bout de son nez.. c'était parfait...
Dans la voiture mon ventre se tordait, je trouvais que G. ne roulait pas assez vite...
Et puis nous sommes (enfin!!) arrivés, j'ai jeté un ptit coup d'oeil vers le paddock; la même robe alezane et cette balzane sur son posterieur, cette même petite tâche blanche sur le front, j'ai couru, franchit la barrière et l'ai serré, la couvrant de baisers...
Le bonnheur peut se toucher parfois aussi facilement que l'on touche un brin d'herbe....
Nous voilà dans le manège, la détente se fait correctement, la jument est semble-t-elle en place, et je me sens incroyablement bien, à l'aise sur son dos....
Mieux qu'avant même....
La leçon est terminé, je suis heureuse, heureuse d'avoir senti les muscles de ma petite alezane sous moi (merci F.!!) mais surtout heureuse de l'avoir retrouvée, comme si le puzzle à la pièce manquante s'était enfin terminé....
Maintenant patience et rigueur sont à appliquer...
"Elle est assise en même temps sur la roche tiède au revers de la combe et aussi sur la branche odorante et basse du pin argenté...Tu crois qu'elle dort? Elle cueille en ce moement, au potager, la fraise blanche qui sent la fourmi écrasée. Elle respire sous la tonnelle de rose l'odeur orientale et comestiblz de mille roses vineuses, mûres en un seul jour de soleil. Ainsi immobile et les yeux clos, elle habite chaque pelouse, chaque arbre, chaque fleur, elle se penche à la fois, fantôme bleu comme l'air, à toutes les fenêtres de sa maison chevelue de vigne... Son esprit court comme un sang subtil le long des veines de toutes les feuilles, se caresse au velours des géraniums, à la cerise vernie, et s'enroule à la couleuvre poudrée de poussière, au creux du sentier jaune... C'est pourquoi tu la vois si sage et les yeux clos, car ses mains pendantes, qui semblent vides, possèdent et égrenent tous les instants d'or de beau jour lent et pur."
Colette-Dialogue de Bêtes
Listen: Sliimy, Womanizer



